Le cheveu dans l'Histoire
Un symbole de force et de séduction
Véritable parure, la chevelure est, depuis les temps les plus reculés, considérée comme un symbole de séduction chez la femme. La mythologie grecque fait état des chevelures luxuriantes de nombreuses déesses :
- Aphrodite enveloppait sa nudité dans sa longue chevelure blonde ;
- Vénus faisait sa toilette entourée de grâces mais s'occupait elle-même de ses cheveux ;
- Ariane, dont la belle chevelure flottait au vent, contribua probablement au coup de foudre qui s'empare de Bacchus (ou Dionysos) à sa vue, etc...
Chez l'homme, la chevelure constitue un symbole de force. L'histoire de Samson est édifiante à cet égard. Il tirait sa force prodigieuse de l'opulence de sa chevelure. La perfide Dalila découvrit son secret et le rendit vulnérable en le rasant, permettant ainsi aux Philistins de le réduire en esclavage. Mais, lorsque ses cheveux repoussèrent, il retrouva sa force et renversa le temple de Dagon sur les Philistins, et sur lui-même.
Le pouvoir conféré par la chevelure
Au temps des pharaons, les perruques constituées de cheveux naturels, de laine et de fibres de feuilles faisaient fureur chez les Égyptiens. Leur degré de sophistication était directement proportionnel au rang social.
Chez les Gaulois et les Francs, la chevelure, synonyme de noblesse et de puissance, représentait la marque de distinction de la royauté. En la perdant, le roi de France perdait immédiatement sa royauté. Les maires du palais pouvaient ainsi se débarrasser des rois fainéants en les faisant raser et en les enfermant dans un cloître.
Le cheveu et la guerre
Les cheveux étaient parfois considérés comme de véritables trophées en temps de guerre. Les célèbres scalps prélevés par les Indiens sur le crâne de leurs ennemis en sont un exemple.
Les Romains infligeaient également la tonsure aux peuples vaincus.
Le cheveu et les dieux
Chez les Grecs, l'offrande suprême consistait dans le don de sa chevelure aux dieux. C'est ainsi que Bérénice consacra une boucle de ses cheveux à Aphrodite afin que son époux Ptolémée III revienne vivant de la guerre de Syrie. Les dames grecques faisaient de même vis-à-vis d´Asclépios, dieu de la Médecine, pour obtenir la guérison de certaines de leurs maladies.
En Egypte, les prêtres d´Isis se rasaient pour manifester leur détachement.
Les Musulmans conservaient au sommet de leur crâne une mèche de cheveux dont se servait Mahomet pour les transporter au paradis.
Pour les Hindous, le monde est couvert d´une immense chevelure, infiniment filée.
Aujourd´hui encore, les bonzes se font tondre pour manifester leur ascétisme et les moines chrétiens s'imposent la tonsure en signe de renoncement et de soumission.
Les calvities célèbres
La reine Nefertiti affligée d´une alopécie d´origine peladique, s'enduisait le crâne d´une mixture dont la composition a été retrouvée sur le papyrus d´Ebers.
Ramsès II présentait également une alopécie d´origine peladique.
Socrate se consolait de sa calvitie en estimant que "l'herbe ne pouvait pousser dans les rues actives ".
Hippocrate était célèbre pour la pauvreté de sa chevelure. Il donna son nom aux calvities importantes. Vers 400 avant Jésus-Christ, dans ses aphorismes, Hippocrate établissait une relation entre les alopécies et l'apparition de troubles hémorroïdaires : " chez les chauves, il ne survient pas de varices volumineuses ; mais s'il survient des varices chez les chauves, leurs cheveux repoussent."
Jules César masquait son alopécie sous une couronne de feuilles de laurier. Il obtint, par un vote du sénat, la possibilité de la porter en permanence.
Galien vers l'an 200, puis Avicenne (Ali Ibn Sina) vers l'an 1000, furent les premiers à décrire la couche graisseuse du cuir chevelu.
François Ier en jouant dans un champ de neige avec des torches enflammées, se brûla accidentellement les cheveux. La gravité des brûlures était telle qu'il fallut lui raser le cuir chevelu pour permettre une bonne cicatrisation. Par déférence pour leur monarque, les courtisans se firent également tondre.
Louis XIV, le Roi-Soleil ne fut pas épargné par la calvitie. Son barbier le rasait quotidiennement, en secret, et lui mettait une volumineuse perruque bouclée.
Les traitements de la calvitie à travers les temps
Les premiers traitements utilisés contre la chute des cheveux dateraient de 4000 ans avant J.-C. avec l'Egyptien Hakiem el Demagh, reconnu comme le plus ancien spécialiste des maladies du cuir chevelu. Des moyens thérapeutiques divers ont été préconisés, mais le premier remède signalé par écrit sur un papyrus était le suivant : la mère du pharaon Séti conseillait l'utilisation locale d´une mixture à base de dattes, de pattes de chien, de sabots d´ânes, le tout broyé et cuit parfaitement dans l'huile.
Les Romains préféraient masquer leurs calvities en rabattant une mèche sur la tête. Seul le vaniteux Hadrien préconisa une perruque pour lui-même et créa ainsi une mode passagère chez tous les Romains chauves.
Du XIIIe au XVIe siècle, les rois et les seigneurs portaient le cheveu court. La perruque revint à l'honneur sous Louis XIV. En fait, il tentait de cette façon de dissimuler les effets d´une maladie de peau.
Les cheveux blancs ont également été une autre préoccupation ancienne. De nombreux " traitements " pour cheveux blancs ont été retrouvés sur plusieurs papyrus d´Ebers.





